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La phytothérapie clinique intégrative

Sous la direction des Drs. Jean-claude Lapraz et Alain Carillon

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Les plantes médicinales ont de tout temps été considérées comme présentant des propriétés thérapeutiques importantes, cependant leurs mécanismes d’action sont restés largement ignorés, porte grande ouverte à la négation de leurs effets thérapeutiques.

Conséquence des progrès de la chimie moderne, la recherche pharmaceutique délaissant l’étude des substances naturelles a alors orienté massivement ses moyens d’investigation vers la mise au point de molécules de synthèse. Ainsi, considérée comme la voie royale de l’avenir de la médecine, la génétique complétée par la pharmacogénomique et la protéomique s’est-elle engouffrée dans la recherche du médicament ultra ciblé sur le récepteur censé être à l’origine de la pathologie. La séduction des potentialités supputées de la thérapie génique a eu comme conséquence l’étranglement de la recherche sur l’activité thérapeutique des substances complexes, telles que se présentent les plantes médicinales.

Elles ont ainsi progressivement été écartées du champ de la recherche médicale moderne. On les considère tout au plus comme un simple "réservoir" de principes actifs utilisé pour la fabrication de certains médicaments, niant même qu’elles puissent avoir des propriétés capables de traiter le moindre rhume, et bien moins encore une banale infection.

Or la théorie de l’endobiogénie marque une préférence, non-exclusive, pour les médicaments à base de substances naturelles et surtout d’extraits totaux de plantes. Elle prétend offrir une explication de la complexité d’action de celles-ci qui, bien utilisées, peuvent agir simultanément à différents niveaux de l’organisme et corriger ainsi, de façon régulatrice et non substitutive, en synergie le ou les déséquilibres diagnostiqués à l’origine et/ou participant à la pathologie en cours. Consciente de l’enjeu que peut représenter le médicament de synthèse dans certains cas limités et bien définis, elle s’est appliquée, dans le cadre de sa tentative d’intégration, à replacer l’usage du médicament – quelle que soit sa nature : remède de synthèse, plante médicinale, oligoélément, etc.) - dans une stratégie particulière d’utilisation.

Ainsi, à toute étape de la mise en place d’un traitement, il convient de prévoir le recours à des moyens le moins iatrogène possible (préférentiellement à base de plantes médicinales). Si le recours à une thérapeutique substitutive de synthèse s’impose, alors en tout état de cause il faudra associer à celle-ci un traitement à base de plantes médicinales pour soutenir l’organisme confronté à sa maladie, et pour tenter de limiter les effets négatifs du médicament chimique. Une telle façon de procéder permet habituellement de limiter la toxicité (souvent réelle) des médicaments et d’en corriger les effets secondaires.

L’usage de la Phytothérapie Clinique Intégrative impose que les conditions suivantes soient remplies :

  • un diagnostic complet et approfondi de l’état de l’organisme du patient analysé dans son ensemble et dans ses spécificités,

  • un traitement adapté à l’état endobiogénique du patient,

  • respectant la santé du patient en minimisant les effets iatrogènes,

  • reposant sur le principe hippocratique "primum non nocere",

  • une prescription qui s’appuie sur l’arsenal médicamenteux disponible, mais qui privilégie l’usage des plantes médicinales prescrites sous forme d’extraits totaux. Dans l’optique d’une action physiologique de régulation du terrain spécifique à l’individu, la Phytothérapie Clinique Intégrative est aussi bien utilisée dans une approche curative au service des malades que dans le cadre d’une médecine préventive.

Dans la pratique, on distinguera :

  • La Phytothérapie : qui est l’utilisation thérapeutique de la plante médicinale en général, le plus souvent selon un raisonnement de type allopathique et basée sur des connaissances issues de la tradition. Pour une infection : une plante anti-infectieuse, pour une fièvre : une plante antipyrétique, pour une hypertension : une plante anti hypertensive.
  • La Phytothérapie Clinique d’orientation exclusivement Pharmacologique : qui se veut une application clinique des seules connaissances issues de la pharmacologie. Le niveau d’étude pharmacologique de la plante médicinale permet de confirmer ou d’infirmer les données issues de la tradition (voir l’article du Dr. Alain Carillon), de mettre en évidence les propriétés et par conséquent les indications cliniques de la plante médicinale.
  • La Phytothérapie Clinique Intégrative : se veut utiliser la plante médicinale selon toutes les données issues de la connaissance pharmacologique, et certaines données issues de la tradition et confirmées par la pratique clinique, mais en les réintégrant dans un raisonnement prenant en compte :
    - au niveau du produit : la notion de totum, "le tout étant plus que la somme des parties", de synergie, de potentialisation entre les différents constituants de la plante et de prodrogue.
    - au niveau du patient : la notion d’interrelation systémique et de fonctionnalité relative des différents éléments de sa physiologie, de dynamique – avec en corollaire la prise en compte du système régulateur de sa fonctionnalité, à savoir le système endocrinien.

Ce dernier niveau de traitement n’est pas substitutif (anti-…), ni seulement symptomatique, mais intègre les notions de drainage et surtout de régulation fonctionnelle des différents éléments dont les dysfonctions ont conduit à faire basculer l’organisme d’une réactivité physiologique adaptative vers un état physiopathologique, un état précritique, puis critique. La maladie n’est que l’expression de ces déséquilibres (voir schéma explicatif).

Cette approche thérapeutique spécifique utilise des doses physiologiques et régulatrices qui permettent de limiter, voire d’éviter :

  • la survenue des effets secondaires propres au produit
  • de priver l’organisme des éléments d’information permettant de mettre en place et de gérer sa réactivité d’adaptation


    © Simepi - 2009



Vidéo : Pourquoi la phytothérapie ?

nb : cette vidéo réalisée en janvier 1980 par Téléscience. Elle a valeur d’archive, montrant quelles étaient déjà nos réflexions concernant la médecine, il y a de cela plus de 35 ans.



Vidéo : La santé peut-elle venir par les plantes ?

Cette vidéo est issue de l’émission "Parlons de médecine", proposée par Jean-Paul Escande et Jean-Loup Chifflet, diffusée le 30 avril 1979. Une émission avec Jean-Claude Lapraz et Christian Duraffourd